Grand Paris, Smart city, Caisse des dépots : l’équation gagnante ?

La Gazette des communes | février 18, 2016


La Caisse des dépôts avait réuni, le 16 février 2016, le petit monde du Grand Paris lors d’un colloque où le groupe et ses filiales ont affirmé leurs ambitions de participer aux projets métropolitains. L’occasion aussi de revenir sur tous les enjeux liés, qui impliquent d’investir massivement dans les infrastructures, et notamment dans les transports et le logement.

Depuis 200 ans, la Caisse des dépôts est présente à toutes les étapes de la construction de la région parisienne, et elle compte bien renforcer sa présence avec la construction du Grand Paris. Pour Pierre-René Lemas, directeur général de la Caisse des dépôts, c’est même devenu « un enjeu primordial », a-t-il déclaré lors d’un colloque organisé par la Caisse sur le sujet du Grand Paris, le 16 février.
Au regard des chiffres, on peut le comprendre : 150 milliards d’euros d’investissements sont attendus sur une période de quinze ans, pour renforcer les transports, l’immobilier et les infrastructures.

Pour les seuls transports, 35 milliards d’euros devraient être mobilisés, notamment pour la construction de quatre nouvelles lignes de métro automatique et l’extension de la ligne 14, avec un potentiel de 115 000 emplois associés. Côté immobilier, l’objectif est de construire 70 000 logements par an.

Ce qui fait dire à André Laurent Michelson, caissier général et homme orchestre du Grand Paris pour la Caisse des dépôts, que les enjeux dépassent largement l’échelle locale : « le Grand Paris est avant tout un projet d’intérêt national, facteur de croissance pour tout le pays. Il va mobiliser des entreprises de toute la France pendant 15 ans, et va générer des emplois et des recettes pour les caisses publiques », a-t-il déclaré en introduction de ce colloque.

La question clé des transports

Pour Jean-François Carenco, préfet de la région Ile-de-France et de Paris, ce grand projet est avant tout « une aventure », « une construction collective ». Et il s’inscrit dans le cadre d’une « compétition mondiale féroce entre les grandes métropoles. A chaque étape, ce qui nous challenge, c’est ce que font les autres, comme Los Angeles, Berlin, Shanghai… »
Et le représentant de l’État de pointer les trois principaux axes de travail pour les années à venir :

  • les transports ;
  • les politiques matérielles (l’habitat) et immatérielles (la culture, la compétitivité et le développement économique, la recherche, les pôles universitaires) ;
  • et enfin l’institutionnel.

Concernant les transports : « de 2011 à 2014, nos prédécesseurs ont mis l’accent sur le projet du Grand Paris Express (GPE), avec ses 120 km de lignes et ses douze gares », explique Jean-François Carenco.
Récemment est aussi venu se rajouter le prolongement de la ligne E du RER E à l’ouest de la capitale (projet Eole), vers Saint-Lazare, La Défense et Mantes-la-Jolie (pour un budget total de 3,5 milliards d’euros).

Le renforcement de la mobilité dans ce territoire métropolitain est un des éléments clés de la création et de la réussite du Grand Paris. Et les investissements à venir sont colossaux. D’autant que ce secteur a été victime d’un sous-investissement depuis plusieurs années, comme l’a souligné tout récemment la Cour des comptes dans son rapport annuel.

« La Cour a pointé quelque chose qu’on disait depuis longtemps. On sait qu’on a sous-investis et qu’on a payé le TGV », pointe Stéphane Baudet, vice président (LR) en charge des transports à la région Ile-de-France.

Pour autant, depuis peu, la tendance s’est inversée, selon Jean-François Carenco, qui explique que les investissements de la SNCF sont passés de 400 millions d’euros annuels, entre 2008 et 2013, à près d’un milliard d’euros aujourd’hui ; et ils sont, selon lui, du même ordre pour la RATP.

Mais le réseau est vieillissant et menacé d’obsolescence. « Certains caténaires ont parfois déjà 80 ans d’âge », révèle Stéphane Baudet, qui juge « qu’il va falloir 800 millions d’euros d’investissements annuels – notamment sur la ligne C – pendant plusieurs années pour s’en sortir ». D’autant qu’un des objectifs du Grand Paris est de lutter contre l’étalement urbain et donc de travailler sur la densification urbaine et la création de logements, « qui aura pour conséquence de densifier des lignes de transports complètements saturées. Nous en sommes incapables. Il y a un besoin d’augmentation de l’offre qui est colossal. Entre 2018 et 2033, la ligne B sera complètement saturée », prévient-il.

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