Logement : un souffle de reprise confirmé

LE JOURNAL DU GRAND PARIS | juin 23, 2016


Jacques Paquier

Thierry Lajoie, Manuel Flam et Daniel Breuiller ont débattu des enjeux du Grand Paris du logement mercredi 22 juin 2016, à l’invitation de la Gazette des communes.

« La reprise est solide et durable, a souligné Manuel Flam, lors d’une table ronde consacrée au logement, organisée par La Gazette des communes dans le cadre d’un colloque sur le Grand Paris. Nous constatons une reprise marquée du taux de commercialisation, de + 20% en un an, ouvrant des perspectives de vente et donc de production à la hausse », a poursuivi le directeur général du groupe SNI, président de Grand Paris Habitat. Outre les effets du dispositif de défiscalisation dit Pinel, Manuel Flam y voit également ceux de l’élargissement du Prêt à taux zéro (PTZ).

Daniel Breuiller, Manuel Flam, et Thierry Lajoie, le 22 juin lors d’un colloque organise par la Gazette des communes © Jgp

 

Ce vent de reprise produit des effets positifs : le volume des opérations de vente en état futur d’achèvement (Vefa) ne cesse d’augmenter. « Nos équipes de développement voient arriver de plus en plus de dossiers », se félicite Manuel Flam. Mais cela provoque une hausse du foncier évaluée entre 10 et 15%. Le DG du groupe SNI a annonce la signature d’une convention avec le conseil départemental des Yvelines visant la réalisation de 1500 logements intermédiaires. Il a évoqué la conclusion d’un accord récent avec Citallios, (fruit de la fusion de la Sem92, d’Yvelines Aménagement, de la Sarry et de la Semercli) en vue de la production de logements. L’Etat a annonce qu’il allait consacrer 5,5 milliards d’euros d’argent public pour le logement sous forme de prêts bonifiés, a-t-il rappelé. « Mais le monde HLM est malade d’un manque de fonds propres », a-t-il fait valoir. Or les subventions accordées baissent de façon importante tout comme les dotations aux collectivités territoriales. « Seules les cessions du patrimoine amorti nous permettent de reconstituer nos fonds propres », a-t-il indiqué.

Vive le contrat

« Sur les territoires, les élus sont légitimes, ce n’est pas contestable, y compris du point de vue de l’Etat », a affirmé le président de Grand Paris aménagement (GPA), lors de cette même table ronde sur le logement. Thierry Lajoie, a indiqué que la réputation de l’ex-AFTRP d’être l’outil d’un urbanisme d’Etat, du fait de sa paternité par Paul Delouvrier, préfet, « relevait de la rumeur ». « Sur nos opérations en cours, 8 s’inscrivent dans le cadre du plan de renouvellement urbain (PRU), 44 proviennent de sollicitations des collectivités territoriales, 8 relevant de notre propre initiative », a rappelé l’aménageur.

« Le recours à la négociation, au contrat, doit être toujours la règle, a poursuivi le président de GPA, rappelant que c’est la vocation des Contrats d’intérêt national (GIN), qui constituent une des propositions contenues dans le rapport de préfiguration de Grand Paris aménagement qu’il a remis à Sylvia Pinel, alors ministre du Logement et de l’Egalité des territoires, en juillet dernier. Selon lui, il faut veiller à ce que nouvelles constructions de logements « servent le parcours résidentiel local ». « Je comprends parfaitement que des habitants, qui découvrent des projets de logements financés en partie par leurs impôts, à un prix qui les en exclut, les désapprouvent », a encore déclaré Thierry Lajoie. Il s’est félicité, enfin, du mouvement de « mise à la taille » des opérateurs du logement en Ile-de-France, qu’il s’agisse de GPA, de l’Epfif, ou encore de Citallios.

Veiller aux équilibres territoriaux

Daniel Breuiller a insisté, quant à lui, sur la question des équilibres territoriaux et sur la nécessité de veiller à rapprocher les salariés de leurs lieux de travail. L’éloignement et les trajets qu’il induit est source, a rappelé le maire (EELV) d’Arcueil, « de temps et d’argent public gaspillé ». Il s’est fait l’avocat d’une plus grande pédagogie sur les buts poursuivis par les élus, y compris métropolitains. « ll y aura toujours des obstacles si l’on ne présente pas la ville que l’on souhaite réaliser », a-t-il indiqué. « Une métropole inégalitaire, dans laquelle des migrants couchent dehors, où certains doivent subir 1h30 de transport aller et retour, ou les hôpitaux ne trouvent pas d’aides-soignantes, tout cela génère d’importants coût de remédiation. Il faut le dire », a poursuivi l’élu, dont la ville compte 1400 demandeurs de logements sociaux.

Daniel Breuiller promeut une logique de contrat à l’échelle métropolitaine, « afin que les villes qui construisent des logements sociaux ne servent pas à compenser celles qui n’en construisent pas ». Il a plaidé, enfin, pour une transparence accrue dans le fonctionnement du 1% logement, et pour une nouvelle alliance entre nature et ville, « où l’on trouve de la pleine terre et des arbres, et où le souci de
l’environnement ne s’oppose pas à la densité ».