Manuel Flam : « Relancer le logement social 
sans nouveaux fonds publics »

lopinion.fr | juin 9, 2014


Manuel Flam

La SNI, filiale logement de la Caisse 
des dépôts, peut-elle participer à la relance du marché du logement ?

Nous y participons même activement ! A côté de l’objectif de construction de 10 000 logements locatifs intermédiaires supplémentaires que nous portons dans le cadre d’Argos, le Groupe SNI a lancé un vaste plan de relance de la construction de logement social. La SNI va construire jusqu’à 7 000 logements sociaux supplémentaires en cumul au cours des trois prochaines années. Nous passerons de 4 500 logements locatifs sociaux produits l’an dernier à 5 000 en 2014 et à 6 500 en 2015. L’essentiel de la progression s’opérera en Ile-de-France, puisque 60 % des logements sociaux supplémentaires que nous mettrons en chantier seront produits par nos filiales franciliennes, Efidis et Osica. Les 40 % restants seront produits en région. Au total, en tant que filiale à 100 % de la Caisse des dépôts, la SNI assume son rôle contracyclique en finançant, dans un contexte de marché très dégradé, l’activité de construction de logements en France.

Comment faire, compte tenu de la 
raréfaction des ressources financières ?

Le plan de relance social du Groupe SNI repose sur l’allongement de la durée des prêts fonciers, facilité ouverte depuis décembre 2013 par la direction des fonds d’épargne aux organismes HLM en zones tendues. Ceci va nous permettre d’augmenter la part de dette, et donc de diminuer la quotité de fonds propres, dans les plans de financement de nos opérations immobilières. Il faut savoir que le coût du foncier peut représenter en région parisienne jusqu’à 40 % du coût total d’une opération. En allongeant à 60 ans, contre 50 ans aujourd’hui, la durée de remboursement des prêts fonciers, nous ne mobiliserons plus en moyenne que 12 % de fonds propres par opération, contre 18 % en moyenne aujourd’hui. Sans subventions ni fonds propres supplémentaires, nous allons donc nous mettre en situation de construire plus de logements sociaux.

Ce plan ne pourra pas se reproduire plusieurs fois…

Il s’agit effectivement d’un fusil à un coup, qui est d’ailleurs le corollaire d’un plan de relance. Son impact sera très concret. Pour donner un ordre de grandeur, l’accord francilien de mise en œuvre du pacte entre l’Etat et l’Union sociale pour l’habitat signé le 14 février 2014 vise à produire, sur la période 2013-2015, entre 30 000 et 37 000 logements sociaux par an en Ile-de-France : en nous fixant l’objectif de doubler notre production dans cette zone sur trois ans, nous contribuerons de manière significative à la mise en œuvre du pacte.

 

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